Premier Chapitre
Un rire à l’image de sa candeur. Assis, ici, mes pieds pendaient dans le vide de la chaise beaucoup trop grande pour moi. C’était assez usuel chez nous, mais encore aurait-il fallut que je l’accepte. Ce n’était pas le cas, ce qui expliquait mes fréquents hurlements.
« Comtesse, comment fut mon dernier poème ?
- Il fut aussi bleu que vos yeux
- Vous grelottez
- Si, j’ai froid »
La Comtesse savait parler aux hommes. Elle pouvait aussi éventer ses yeux de ses gracieux cils, puis son joli visage de son gracieux éventail. Les doigts sur le clavecin, dont toutes les notes étaient blanches, pour ne pas suggérer la mauvaise dentition, chaque note rendait un son qui embrassait la pièce.
« Veuillez maintenant m’excuser valeureux ami, je dois aller un peu plus vers là-bas, on m’appelle.
- Faites très chère. »
La Comtesse était une femme occupée. Lorsqu’elle était petite, elle ne percevait la lumière qu’à travers la barbe de son père. Il était Duc, et il était tout pour elle. Pour lui, la lumière s’est éternellement éteinte.
Deuxième Chapitre
Debout, mes pieds étaient sur le sol. Mes doigts coupaient des cordes pour mieux les recoller. Maintenant, des mains coupaient l’air. Je voyais le feu d’artifice de mes oreilles nues.
Des larmes coulaient, sur les joues satinées de la Comtesse. Je l’entendais entre deux soupirs humides. Sa blancheur devenait eau.
« Brillant, extraordinaire! »
Quel strident extraordinaire. Le battement de mon cœur posait la cadence et le rythme de mon euphorie. Vois-tu ces mains ? Elles sont l’instrument de tout ce qui remplit cette pièce.
Troisième Chapitre
On ne voit que des ombres, on ne voit que ce qui défile devant soi tant qu’on n’a ni respiré ni entendu. La coupe, ma bouche, le vin. Je sens l’ivresse se poser en moi et s’opposer à mon corps. Or, je suis là, remplissant le vide.
L’inspiration de ma respiration me fait expirer. La lumière m’éblouit, et la chaleur m’emplit.
« Vous avez apprécié Comtesse ?
- J’ai pleuré, je dois l’avouer.
- Je suis flatté d’avoir su vous émouvoir.
- Comme vous êtes charmant. »
C’était la première fois que je lui parlais.
Quatrième chapitre
Ma voix chevrotante, tremblante, se détache puis se pose, sèche, sur le sol.
C’est l’automne et me voici supprimé.
Pourtant, c’est maintenant elle qui germera dans le sol.
Requiem in pacem.